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Tranche de Vie Créé le : 06 mai 2007 09h49 par emmanueldax Modifié le : 17 août 2008 21h47 Visité : 1071 foisCette semaine : 16 fois
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Quel est donc l’objet de ce blog ? Eh bien, ne comptez pas sur moi pour vous faire part de mes états d’âme et de mes tourments, revendiquant haut et fort le droit à la décence, à la pudeur! Je vous invite uniquement, sans prétention aucune, à découvrir mon univers : littérature, cinéma, danse contemporaine, musique, … Du bon usage de ce site ou comment éviter d'être pris pour une truffe : Pour bannir toutes publicités intempestives, je vous recommande vivement de changer de navigateur internet. Débarassez-vous d'IE et remplacez-le par Mozilla Firefox accompagné de son plug-in "adblock".
« Un
jour, ma mère arriva dans le salon avec un animal à long cou dont la queue
mince et longue terminait dans une prise de courant. […] Ce n’était pas la
première fois que je voyais un aspirateur mais je n’avais pas encore réfléchi à
sa condition. Je m’approchai de lui à quatre pattes pour être à sa
hauteur ; je savais qu’il fallait toujours être à la hauteur de ce qu’on
examinait. Je suivies sa tête et posai ma joue sur le tapis pour observer ce
qui se passait. Il y a avait un miracle : l’appareil avalait les réalités
matérielles qu’il rencontrait et il les transformait en inexistence.
Il
remplaçait quelque par le rien : cette substitution ne pouvait être
qu’œuvre divine.
J’avais
le souvenir vague d’avoir été Dieu, il n’y avait pas si longtemps. […] Soudain,
je rencontrais un frère : l’aspirateur. […] J’avais beau trouver qu’un
Dieu n’a rien à prouver, j’aurais voulu être capable d’accomplir un tel
prodige, une tâche aussi métaphysique.
« Anch’io sono pittore ! »
s’exclama le Corrège en découvrant les tableaux de Raphaël. En un enthousiasme
semblable, j’étais sur le point de m’écrier : « Moi aussi, je suis un
aspirateur ! »
A
la dernière seconde, je me souvins qu’il fallait ménager mes effets :
j’étais censée posséder deux mots à mon actif, je n’allais pas me décrédibiliser
en sortant des phrases. Mais mon troisième mot, je l’avais.
Sans
plus attendre, j’ouvris la bouche et je scandai les quatre syllabes :
« Aspirateur ! » »
«Je porte toujours un rouge à lèvres de couleur rouge, le plus vif
possible. J'en ai des dizaines, dans mon sac, chez moi... C'est une
habitude que j'ai prise progressivement, il y a environ cinq ans. Je me
maquille peu le reste du visage et ne porte pas de bijoux, ce qui crée
un vrai contraste. J'aime aussi jouer sur le décalage entre le côté
vamp des années 1950 et ma personnalité, qui ne va pas forcément avec
le cliché de la femme fatale aux lèvres brûlantes. Porter ce maquillage
est comme une carapace, un masque. Il me permet de maîtriser ce que je
veux donner à voir. Ce n'est pas une féminité offerte comme ça, au
premier abord. Le geste de se maquiller est aussi important, comme
celui de se coiffer. C'est très sensuel.»
Bienvenue dans le monde merveilleux de Siegrid Alnoy. Un sens du cadrage exceptionnel, une bande-son, des plans-séquences hallucinants... Musique de Gabriel Scotti, compositeur venu du jazz.
"Le premier élément du film est le monde "réel" créé par l'économie,
qui a transformé le monde en friche stérile et la société en désert.
Dans la friche stérile, Christine joue son drame personnel en termes
universels. Elle cherche les situations extrêmes qui mènent aux
limites du sens, là où se définit l'humanité. Ce n'est que dans cette
extrémité qu'on découvre le besoin radical d'être humain. Parce que
nous fuyons ce besoin et devenons monstrueux, et bien que nous soyons
nés innocents, partout nous commettons le crime. Ce film devrait
pouvoir nous confronter avec notre innocence. Il ne pourrait le faire,
que s'il a réussi à nous rendre responsables de nos crimes."
"La
musique rétablit la connexion que le récit très elliptique brise
parfois. Une musique fonctionnant comme une voix-off, un niveau de sens
lové dans les plis de sa trame, un indice marquant l'inconscient au
travail. Une bande sonore comme un travail du "négatif". La bande
originale est une structure autonome, et fait de l'auditeur un
"pré-spectateur". La musique me paraît entretenir des rapports à la
fois évidents et mystérieux avec l'essence secrète de ce qui "est".
Elle a justement pour fin de rendre sensible l'indicible. Elle est la
figure de l'inexprimable. Et la matière-son en général."
« Je
pensais qu’il exagérait quand il se mettaità évoquer le ‘‘pouvoir hypnotique’’ de la Jeune Mère Sublime,
mais il s’avéra que j’avais tort. Cette femme était bel et bien sublime, elle
était bel et bien l’incarnation parfaite de la beauté des anges, et de la voir
assise sur le perron de sa maison, tenant dans ses bras ses deux petits gosses,
il y avait de quoi faire frémir un cœur de vieux grincheux. Nous étions, Tom et
moi, de l’autre côté de la rue, discrètement arrêtés derrière le tronc d’un
grand robinier, et ce qui m’émouvait le plus, chez la bien-aimée de mon neveu,
c’était la complète liberté de ses gestes, un abandon inconscient qui lui
permettait de vivre pleinement dans l’instant, dans un présent perpétuel, un
maintenant en perpétuelle expansion. A vue de nez, je lui donnais une trentaine
d’années, avec l’allure légère et sans prétention d’une jeune fille, et je
trouvais réconfortant qu’une femme aussi ravissante se montrât en public vêtue
d’une salopette blanche et d’une chemise de flanelle à carreaux. C’était un
signe de confiance, pensais-je, une indifférence à l’opinion d’autrui que
seules possèdent les âmes les plus sereines et les mieux ancrées. »